Yamaha XJ6 Diversion, la conduite en bon père de famille

Cela fait pratiquement deux ans que je n’ai rien écrit ici. Grosse erreur, j’aurais eu tellement de choses à dire, notamment autour du monde motard. Mais je vais reprendre là où j’en étais resté, et parler de la Yamaha XJ6 Diversion. J’ai déjà exposé les raisons pour  lesquelles j’ai choisi cette moto en tant que premier gros cube et présenté mes premières impressions. Mais après tant de temps, quel est le bilan ?

Au quotidien

Ma vision de la moto, c’est avant tout comme pour tout véhicule : donner la possibilité de se rendre d’un point A à un point B. Jusque-là, elle répond au critère. Cette moto est simple à manier : légère, stable, avec ce qu’il faut de reprise pour s’insérer et de freinage pour sauver sa peau quand un automobiliste ne regarde pas dans ses rétroviseurs (du vécu). L’ABS sur la roue arrière se déclenche facilement, surtout sur route mouillée, mais c’est courant (un roadster en situation de freinage transfère une grande partie de sa masse sur la roue avant, donc l’arrière adhère moins, CQFD).

Parlons de la pluie. La bulle ne protège pas spécialement, ni du vent d’ailleurs, mais constitue déjà une bonne première protection. En cas de plus grand voyage, une bulle haute pourrait peut-être faire mieux, et encore, c’est à tester (risque de diminution de la maniabilité et si le conducteur est grand, il se produira peut-être l’inverse avec une baisse significative du confort). En tout cas, c’est une moto avec moi qui prend souvent l’eau : je suis principalement un motard du quotidien. Je roule maintenant très rarement le week-end et utilise la moto 95% du temps pour me rendre au travail.

Aller au travail avec la XJ6 ? Comme pour toutes les motos, il y a des contraintes, principalement de place. J’ai résolu le problème avec un top-case, qui me permet de prendre énormément de choses avec moi en garantissant une bonne dose de sécurité. Ainsi au quotidien, la Diversion joue très bien son rôle de moto à tout faire. Sa tenue de route en ville est assez bonne pour que rouler par mauvais temps reste agréable.

Ma Diversion, de nuit, dans le froid : elle roule toute l'année.

Sur longue distance

La Diversion a déjà fait quelques voyages, trop peu, mais le titre de l’article racontant mon quotidien, il est normal que les priorités changent avec le temps. Quand je parle de voyages, je pense déjà au confort et à la capacité d’emport. J’ai déjà précisé que j’avais installé un top-case, je dispose aussi d’une sacoche de réservoir pour augmenter significativement le volume et prendre plus de choses avec moi.

En revanche, pour le confort, que dire ? La selle de base est quand même un peu limite, elle devient inconfortable au bout d’un moment. La meilleure technique reste de faire quelques pauses régulières sur le trajet. Il faut dire que la Daelim Daystar avait placée la barre assez haute au niveau du siège. Les suspensions retransmettent pas mal des défauts de la route : ça se ressent principalement dans les bras après plusieurs heures de routes. Malgré tout, la moto reste globalement confortable, il n’est pas difficile de penser avaler des kilomètres dans une journée.

J’ai effectué certains voyages en duo, et la moto, même chargée de deux personnes et de bagages, s’en sort plutôt bien. L’arrêt aux feux rouges est assez facile, sans trop tanguer, et le frein arrière n’en n’est que plus agréable. À peine remarquons-nous la perte de puissance qui nécessite d’appuyer un peu plus le démarrage et d’anticiper un peu plus les dépassements.

Et la puissance là-dedans ?

L’éternelle débat, la grande question existentielle : cette 600 de 78 chevaux est-elle assez puissante ? Il faut dire que même moi, je m’étais posé cette question au moment de l’acquérir : n’allais-je pas m’ennuyer trop vite à son guidon ? Et voici la réponse : non ! Et pourquoi ? Car j’ai une conduite de bon père de famille. C’est-à-dire que je suis assez légaliste, au point de ne faire que très peu d’infraction au code de la route. Même la remontée de file, je la pratique rarement, que quand il y a des bouchons (ce qui est somme toute rare dans ma cambrousse).

Mon plaisir, c’est rouler : être sur la monture, et profiter de ce sentiment de liberté. Quel plaisir de faire quelques kilomètres à moto en sortant du boulot, d’avoir froid et de transpirer, de finir trempé à cause du mauvais temps, etc. Et quel plaisir d’être à bord, d’avoir de la reprise, de pencher légèrement dans les virages, de faire corps et d’oublier au moins quelques minutes les difficultés de la journée, et de juste rouler …

Quand nous n’avons pas besoin de dépasser le 110 au quotidien, et rarement le 130 pour certains axes rapides, ET si vous avez une conduite naturellement souple, cette moto est largement assez puissance. Je pense d’ailleurs ne pas la changer de si tôt. D’ailleurs, pour prendre quoi ? Quelle moto pourrait correspondre plus à mon usage actuel ?

Yamaha XJ6 Diversion, la nuit

Conclusion

Mais alors quel est le lien avec la conduite de bon père de famille ? Et bien tout : si vous remarquez bien, je fais référence dans cette article au fait que cette moto est agréable en utilisation courante. C’est-à-dire que ce n’est pas une moto qui fait rêver, mais c’est une bonne à tout faire. Je n’ai pas peur d’affirmer que cette moto ne vend pas du rêve : depuis que je l’ai, j’ai dû en croiser deux autres (un peu plus si je compte les rares Diversions F). De plus, la XJ6 est une moto assez banale, car de moto école. Elle ne fait pas un joli bruit, personne ne se retournera sur votre passage.

Il n’empêche qu’elle me correspond. Et que nous allons sûrement faire encore un bout de chemin ensemble. Qui sait, peut-être qu’elle tiendra le choc jusqu’au jour où j’aurai les moyens de m’acheter une Harley-Davidson (et que j’en aurai aussi l’utilité : je me vois mal rouler sous la pluie tous les jours avec une Harley, ça demande beaucoup plus d’entretien). La Diversion, un petit coup de nettoyage de temps en temps après une bonne pluie et c’est reparti !

Prise en mains de la XJ6 Diversion par un débutant

En troquant ma custom 125 cm3 contre un roadster routier 600, je me doutais bien que tout allait changer. Et en effet, c’est le cas (dingue non ?).

Daelim Daystar, une custom 125

© toniovins.net

Première approche

Un jour, j’ai déposé la 125 au garage, et je suis reparti de suite avec la 600. Au premier abord, la Diversion ne semble pas beaucoup plus grosse, il faut dire que la Daelim Daystar possédait déjà un très bon gabarit (elle est plus large qu’une sportster Harley-Davidson). La remplaçante est donc moins large, mais elle est plus haute (et légèrement plus lourde). Première constatation quand je suis monté dessus : les deux pieds touchent largement le sol (je fais 1m80). Ce qui fait qu’elle est aussi maniable que mon ancienne monture.

Les béquilles de la XJ6 Diversion

Redescendons de la machine et faisons le tour (en la mettant sur la béquille centrale, de série sur la Diversion) : elle est jolie dans ce coloris noir, elle est plus discrète que la custom, ici je n’ai pas de chrome (ni d’imitation en plastique), elle tape moins à l’oeil. Le carénage est bien intégré à la moto, je la trouve plutôt bien réussi au niveau esthétique. Remontons en selle ! A bord, je regarde l’instrumentation : elle est bien fournie. Avec la Daystar, je n’avais déjà pas à me plaindre (vitesse, compte-tours, jauge-essence, trip total et partiel), mais je retrouve ici des choses différentes et plus modernes : déjà, la vitesse est maintenant à affichage digital, seul le compte-tour reste à aiguille. Et cette configuration est géniale pour la lisibilité de l’ensemble. J’ai quelques informations supplémentaires : témoin de niveau d’huile, témoin de température (et affichage de la température du liquide de refroidissement), témoin de l’ABS (car ma Diversion en est équipée), et un second trip partiel. Le seul point que je trouve dommage, c’est qu’il n’y a qu’un seul voyant pour les clignotants, alors que j’en possédait deux sur la 125 : j’aime bien être sûr que c’est le bon côté des clignotants qui est activé. J’ai aussi maintenant les commandes de warning et d’appel de phare, toujours pratique au quotidien.

Jusque là, j’adore. Maintenant que je suis installé sur la bête, on tourne la clé. Le tableau de bord se met à clignoter dans tous les sens durant quelques secondes, puis la moto attend sagement l’ordre de démarrer. Un petit coup sur le démarreur, et c’est parti ! Alors là, chapeau, enfin un bruit de moto, ce n’est plus un bruit électrique de 125. Agréable sonorité ! En mettant le contact, le feu de croisement s’est allumé automatiquement, plus besoin de le faire en manuel. Nous sommes prêt à partir à l’aventure.

Tableau de bord de la XJ6 DIversion

© Yamaha

Premiers tours de roues

J’enclenche la première vitesse : grand moment de bonheur, avant même de partir. La sélection est peut-être dure (c’est une Yamaha), mais elle est carrément plus précise que celle de la DD, qui profitait de la moindre occasion pour bloquer ! Ici un geste franc, et tout se passe bien. Je dois juste m’habituer à passer les vitesses en relevant la pédale, le sélecteur n’est pas à double branche comme sur certaines customs (je ne peux plus mettre un coup de talon pour monter les vitesses). Maintenant avant de démarrer, je teste la puissance, pour trouver le bon compromis. En 125, on ne se pose pas de question, on met les gaz à fond ! Ici, il faut apprendre à gérer le régime moteur pour ne pas s’envoler. Une petite minute à faire joujou avec l’accélérateur pour trouver la bonne puissance, et je démarre, je sors du garage. Et je me lance sur les routes pendant quelques kilomètres.

Première difficulté : la position de conduite. Je dois m’habituer à pencher davantage sur la moto. Moi qui n’ai pas encore l’habitude, j’ai un peu tendance à faire reposer mon poids sur mes bras au lieu de faire jouer mes abdominaux. Sinon ça se conduit comme un vélo, la direction est plus précise que celle de la DD. Pour l’instant, je la conduis d’ailleurs comme un vélo (période de rodage) : régime moteur assez bas, pneus neufs et plaquettes de frein neuves. Bref pour l’instant, je roule à mon rythme. Mais les vitesses passent bien, la sélection est dure mais pas de blocage. Il faut s’habituer au 6 vitesses de la Diversion contre les 5 de la custom, mais ça va facilement venir. Ce qu’il faut maintenant voir sur le plus long terme, c’est le confort et la protection qu’offre la moto : la selle de la 125 était plutôt généreuse et la bulle très large, mais ce n’est pas avec ma faible expérience du moment que je pourrais dire beaucoup de choses dessus.

La protection de la XJ6 Diversion – Bulle haute en option

© motomag.com

Seconds tours de roues

Après le solo, je profite d’une sortie pour tester la bête avec une passagère et en duo avec une autre moto. A l’arrêt, quand la passagère grimpe sur la machine, aucun problème de stabilité. Pourtant j’appréhendais cet instant, puisque la passagère, pas très grande, trouvait la place assez haute par rapport à la DD. Et pourtant, je n’ai quasiment pas senti de mouvement quand elle est montée dessus. La passagère en place, il manque quand même des poignées efficaces sur cette moto, elle ne peut pas vraiment s’accrocher. Heureusement que ma Div’, avec le top-case et le dossier passager, permet au SDS de se caler comme dans un fauteuil. Et maintenant, gaz !

En roulant, je ne sens aucune perturbation due à la passagère, si ce n’est un léger manque de patate, mais elle est encore assez puissante (en rodage) pour effectuer des dépassements en côte sur une nationale. Sinon aucun changement, les virages sont toujours aussi faciles à prendre, le frein arrière est assez puissant pour assurer une conduite souple, un peu léger pour un freinage brutale (même en solo), mais l’ABS se déclenche un peu moins (le poids est réparti différemment avec un passager). Après ces kilomètres, la selle est toujours supportable, il faut continuer de voir à l’usage, idem pour la bulle, je me sens un peu protégé du vent de face, est-ce assez sur le long terme ? Quant à la conduite en groupe, il n’y a pas de problème, sa précision permet de rouler facilement en quinconce et les rétroviseurs permettent un bon accès visuel à l’arrière. En bref, elle est toujours aussi plaisante à conduire, même en rodage et chargé d’un passager et d’un top-case !

La XJ6 Diversion, simple et pratique

© motomag.com

Conclusion

Ceci était ma première impression, écrite sur le moment, pour vous faire partager la différence entre le monde de la 125 et des gros cubes, et vous relater la première prise en main d’une XJ6 Diversion par un débutant (qui est somme-toute, assez facile).

En bref, pour l’instant j’adore cette machine, elle correspond bien à ce que je recherchais. Je la conseille aux débutants (que ce soit la XJ6 ou la Diversion). Et vous pouvez trouver un essai complet sur le site de motomag (fait par des professionnels) !

Les 125 (et moi)

Samedi dernier, je suis passé chez Yamaha, pour regarder les motos en exposition. Je suis bien évidemment passé devant les gros cubes, comme la Fazer ou la YZF-R6.

Yamaha YZF-R6 (2008)
Yamaha YZF-R6 (2008)
Yamaha Fazer FZ6 (2007)
Yamaha Fazer FZ6 (2007)

Je n’étais pas seul, puisque l’on cherchait une première monture pour un jeune sans permis A. Nous avons donc épluché et passé en revue toutes les 125 cm3 de chez Yamaha. Et finalement, seulement deux ont retenu notre attention.

Yamaha YBR 125 Custom (2008)
Yamaha YBR 125 Custom (2008)

La première est la YBR125 Custom qui, je trouve, n’a de Custom que le nom. Même si elle est assez sympathique à regarder, elle fait quand même « mobylette » (ce qui est courant pour les 125 cm3). Et elle est minuscule ! Pourtant elle n’est pas très chère, et comme petit utilitaire urbain, elle pourrait être sympathique. Mais c’est sans compter sur les nouvelles normes Euro3, qui font que Yamaha a décidé de mettre un énorme pot d’échappement sur une si petite moto. Adieu donc le côté passe partout, au risque de raccrocher tout ce qui passe à droite de la moto.

Yamaha YZF R125 (2008)
Yamaha YZF R125 (2008)

La seconde, c’est la YZF-R125. Je ne suis pas fan des sportives (mais alors carrément pas, surtout au niveau de la position de conduite). Mais il faut admettre que le point fort de cette moto, c’est qu’elle peut sembler plus puissante qu’une 125 (elle pourrait passer pour une R6). Yamaha a réussit un bon coup ici pour contrer la Honda CBR 125 ( une autre « mobylette » à la mode depuis plusieurs années). De plus ses performances sont très honorables pour une petite cylindrée. En revanche, comme toutes les sportives, ce n’est même pas la peine de penser emmener une seconde personne. Et surtout, son prix est assez élevé pour une simple 125 qui n’est pas pratique (je sais, je ne suis pas objectif puisque je n’aime pas les sportives).

Voici donc le côté Yamaha. Par contre, j’ai découvert autre chose … une autre marque chez mon concessionnaire … Daelim ! Hein ? Daelim ? C’est quoi ? Oui, ce sont les questions que je me suis aussi posées la première fois. Alors Daelim est une marque coréenne née dans les années 60 d’un partenariat avec Honda (des japonais).

Autant commencer tout de suite par ce point, au début, la marque coréenne ne m’inspirait pas confiance. Mais j’ai beaucoup cherché, et je sais maintenant que les moteurs sont à la base des japonais, donc réputés fiables. Et jusqu’à maintenant, je n’ai pas trouvé beaucoup d’avis négatifs sur cette marque, qui produit trois motos 125 (octobre 2008 : un roadster Roadwin, une sportive Roadsport et un custom Daystar).

Et moi je vais m’attarder sur cette dernière, la Daystar. Arrivé à ce niveau de l’article, je pense que vous avez deviné que je préfère les customs. Contrairement à la Yamaha cité plus haut, elle fait vraiment moto, on pourrait facilement la prendre pour une 600 cm3. Alors au niveau des bons points, elle est belle, pas cher, facile à conduire, économique, confortable, avec une instrumentation assez complète et une bonne autonomie (je sais, je ne suis toujours pas objectif, mais c’est mon blog).

Enfin bref, si vous voulez vraiment tout savoir, je vous laisse tout découvrir au travers ces quelques liens :

Et quelques photos pour montrer mes couleurs préférées : la noire ci-dessous (sobre mais classe) et beige/orange en conclusion de l’article (original et bien trouvé).

Daelim Daystar Noire (2008)
Daelim Daystar Noire (2008)
Daelim Daystar Noire de dos (2008)
Daelim Daystar Noire de dos (2008)

J’en viens maintenant à ma réflexion du moment : et pour moi ?

Et bien oui, j’ai beau avoir mon permis A depuis maintenant plus de 6 mois, je n’ai toujours pas de moto. Ni d’argent d’ailleurs. Alors, pourquoi pas une 125 ? Elle a le look qui me plaît, elle ne coûte pas trop chère, je peux la prendre neuve, et en plus niveau assurance, c’est carrément moins cher qu’une grosse cylindrée.

Alors tout de suite on va me dire : une 125, mais tu va vite t’ennuyer avec ça ? C’est là que le fait que j’aime les customs est un plus : je ne cherche pas la vitesse, mais le plaisir de conduire ! Une moto qui est capable de rouler à 110 km/h en vitesse de croisière est suffisant, même si elle va manquer un peu de puissance à l’accélération (quoique moins de 9 secondes pour atteindre 100 km/h, c’est beaucoup mieux que ma voiture qui doit mettre au moins 15 secondes).

Cette moto me permettrait de finir tranquillement mes études en faisant tourner le compteur d’assurance, et de profiter des rares beaux jours de Picardie. Et une fois que j’aurai fini (et gagné un peu d’argent), je pourrai envisager de changer pour une moto plus puissante (et un jour atteindre le Graal : Harley-Davidson).

Voilà le fil de ma réflexion.

Daelim Daystar Beige/Orange (2008)
Daelim Daystar Beige/Orange (2008)