Petite réflexion sur la vitesse : 125 ou gros cubes, lesquelles sont les plus dangereuses ?

Point de vue basée sur la pratique de la 125

La remplaçante de la Daelim Daystar est maintenant en route. J’ai choisi une XJ6 Diversion pour faire mes premières armes dans le monde des gros cubes.

Yamaha XJ6 Diversion

Pourquoi cette moto ? J’ai pris un modèle de moto-école, quelque chose de très simple à prendre en main pour un débutant. Car je suis encore un débutant, énormément de choses vont changer entre les deux motos.

Déjà, la position de conduite entre une custom et un roadster est différente (moins droite sur cette dernière). Le passage des vitesses ne se fera pas de la même manière (je montais les rapports avec le talon sur la Daystar, je vais devoir m’habituer au système traditionnel sur la nouvelle moto). Je dois aussi apprendre à jauger l’accélération (sur la 125, la poignée est toujours tirée au maximum à cause de la faible accélération). Le freinage sera aussi beaucoup plus puissant. Je pourrai prendre plus d’angle avec la Diversion.

XJ6 pendant l'épreuve du rapide du permis

© toniovins.net

Enfin bref, il y a toute une liste de changements et de choses que je vais devoir apprendre à maitriser. Mais ce n’est rien en comparaison du gain de sécurité apportée par la nouvelle moto.  La possibilité de pouvoir se déplacer à la bonne vitesse, de pouvoir entreprendre une manœuvre en sachant que je pourrai soit freiner correctement, soit accélérer assez pour m’insérer, c’est un réel changement. En milieu non-urbain, c’est très dangereux la 125.

Je faisais l’amalgame au début, comme beaucoup (et comme les discours politiques) entre le danger et la vitesse. Finalement, la vitesse est dangereuse, mais ce n’est pas l’excès de vitesse : une vitesse inadaptée est dangereuse, qu’elle soit trop importante, ou pas assez.

Je pense donc que la Diversion sera à tout point de vue plus sécurisante que la Daystar. Un début de réponse dans moins de deux semaines avec le changement de moto !

XJ6 - Moto de débutant

© toniovins.net

La moto, c’est dangereux

Aujourd’hui j’aurais voulu parler de la « dangerosité » de la conduite des motos. Je pense que pour beaucoup d’entre vous, l’un des premiers mots qui vous vient à l’esprit dès que l’on prononce « moto » est le mot « danger » (ou alors « liberté », mais ça c’est parce que vous n’avez pas peur des motos).

Beaucoup de personnes ont justement peur des motos. Est-ce à juste titre ? Pas si sûr … Mais est-ce dangereux pour autant ? Et bien c’est difficile à dire.

« La moto c’est dangereux », oui pourquoi pas. Ce qui est sûr, c’est que lors d’un accident, un motard à moins de protection qu’une voiture (au même titre qu’une voiture face à un camion, un camion face à un TGV, un TGV … oui d’accord, j’arrête). Malgré tout, la carrosserie du motard, c’est sa combinaison, ses équipements. C’est pour cela que je tiens à rappeler que l’équipement est très important, voir vital, il faut le mettre pour tout les trajets, et pas seulement pour les longues virées (statistiquement, les accidents se passent souvent à proximité du domicile). Ne négligez pas le casque, le blouson, les gants, les bottes, le pantalon, une bonne dorsale, et tout ce qui va avec. Cette combinaison, c’est votre protection (j’oserais presque dire : c’est votre « vie »).

En 2007, 830 motards sont morts. Soit presque autant que lors d’accidents de travail. Cette année là, les accidents sur les routes ont fait 4615 morts. D’après Wikipedia (Accident Domestique), les accidents domestiques causent environ 20000 morts par an en France, dont plus de 10000 décès lors d’une simple chute, 1000 de suite de brûlures et près de 800 par intoxication. Tiens, autant de morts par intoxication que sur une moto ? Comme quoi, c’est plus dangereux de rester chez soi !

On peut faire dire beaucoup de choses aux nombres. Pour le commun des mortels, la moto, c’est un engin de guerre, une arme « d’autodestruction ». Moi je dirais simplement une phrase que j’ai trouvé sur un autre blog, et qui résume bien l’idée : « Ce n’est pas la moto qui est dangereuse, c’est l’âne qui la conduit ! »

Cette phrase provient de Passion Moto GT, et je vous invite vivement à consulter ce site, qui est vraiment très bien fait. Vous trouverez énormément d’informations autour du monde de la moto, et les réflexions personnelles de l’auteur (un journaliste et motard).

La moto en elle même n’est pas dangereuse, ce sont les usagers qui sont dangereux (les motards et les automobilistes). Alors comment se comporter en motard responsable ?

Déjà, je dirai qu’il faut commencer par respecter les autres usagers de la route, car nous ne sommes pas seuls. Le problème en France, c’est que les motards véhiculent une très mauvaise image, et c’est peut-être pire sur Paris (les motards qui doublent entres les voies sur le périphérique, c’est déjà énervant pour les automobilistes qui sont bloqués dans les bouchons). Alors quand un « motard » fait n’importe quoi, comme rouler avec un énorme différentiel dans la circulation, et zigzaguer, klaxonner dès qu’un automobiliste ne se pousse pas assez vite, c’est normal que des tensions éclatent. Il ne faut jamais oublier que l’on partage la route, et que les voitures ne sont pas obligées de se pousser pour nous laisser passer, c’est un privilège, et pour cela il faut remercier toutes les personnes qui font attention à nous.

Dans nos campagnes, le motard passe juste pour un fou furieux en cuir qui roule vite et qui fait beaucoup de bruit, on en a peut-être un peu peur quand il se déplace, alors je pense que globalement le réflexe, c’est de le laisser passer, en se disant qu’il est mieux loin devant que juste derrière …. Comme quoi, la campagne, c’est bien !

Je pense qu’un problème du respect est dû au manque de formation. Comment une personne qui n’a que son permis voiture (B) peut se mettre à conduire une 125 sans aucune formation ? Forcément il ne va pas savoir comment se comporter, et il va certainement faire des choses qu’il ne ferait pas s’il avait passé un « vrai » permis (A ou A1) avec une formation adaptée.

Être un bon motard, c’est donc respecter les autres, en sachant comment se comporter correctement, et pas en passant pour un hors-la-loi dès que l’on croise une voiture. C’est aussi avoir suivi une formation pour adopter les bons réflexes. Mais rien ne remplacera l’expérience. Un motard responsable, c’est un motard qui connaît ces limites, les limites de sa machine, et les dangers de la route. Connaître ses limites, c’est la chose qui pourrait sembler être la plus simple, mais ce n’est pas vraiment le cas : il faut être capable de se remettre en question en toutes circonstances et à tous moments.

Pour connaître la moto, il n’y a pas de secret : il faut rouler avec. Il me semble avoir vu sur Internet, une étude qui montrait qu’une bonne portion des chutes des motards confirmés étaient lors des 6 premiers mois avec leurs nouvelles machines. Bon, ce sont encore des nombres, il faudrait rapporter cela au temps moyen qu’un motard garde sa moto pour que ça ait un véritable sens ….

Le dernier point : l’expérience de la route. C’est probablement le plus difficile, car il n’y aura jamais de vérité générale. Chaque situation sera unique, car elle dépend non seulement des infrastructures (qui évoluent dans le temps et sur lesquelles nous ne pouvons pas vraiment agir, contrairement à la moto où l’on intervient dès que l’usure se fait sentir), mais elle dépend aussi des autres usagers. Et là, il faut beaucoup beaucoup rouler pour commencer à développer son « sixième sens », son instinct qui va dire « hmm, celui là j’ai l’impression qu’il ne m’a pas vu » ou « oulà je sens qu’il va se rabattre sur moi d’un coup ». Sans rigoler, après plus de 100000 km en voiture pour moi, j’arrive à prévoir certaines actions (qui ne se réalisent d’ailleurs pas toujours), mais qui permettent au moins d’imaginer le pire, et donc de prévoir une issue de secours.

Si on sait ce que font les autres, alors le danger est moins important alors mettez vos clignotants quand vous changez de direction, et contrôlez dans vos rétroviseurs, ils sont faits pour ça ! Le mot clé : « anticipation » ! Et si l’accident est là, on pourra se dire que l’équipement n’était pas si cher … Pour la vitesse, je vous dirige vers cet article très complet, et très instructif, qui peut nous faire réfléchir autrement. Car le sempiternel discours sur « la vitesse tue » est bien gentil, mais ce n’est pas vraiment le cœur du problème, car ce n’est que très rarement la « cause » de l’accident (mais c’est un risque supplémentaire à prendre en compte). Et malheureusement, l’argument phare des « anti-motards », c’est de dire que c’est la vitesse la cause de tout, et que tous les motard roulent trop vite ! Ce qui n’est bien sûr pas vrai, très peu roulent comme des malades, mais c’est comme pour tout, on peut voir passer 10 motos tranquillement, on ne verra que la 11ème qui vous double sur une roue et qui fait du bruit à vous exploser les tympans (c’est comme les parisiens en voiture dans notre coin, il suffit de quelques parisiens qui roulent comme sur un périphérique dans notre campagne, et on catalogue tous les automobilistes parisiens comme des fous du volant).

Pour finir, je voudrais dire que j’ai assez peu structuré cet article, et c’est fait exprès (si si). Car je veux tout simplement que chaque personne qui lira ces lignes poussent ces recherches plus loin à partir des différents points que j’ai abordé. Pour rouler en sécurité, et pour enfin pouvoir dire {{la moto, ce n’est pas dangereux}}, tous les acteurs doivent apprendre à cohabiter et penser un minimum aux autres …

Et pensez à visiter le blog Passion Moto GT, car il écrit beaucoup mieux que moi et c’est une véritable mine d’informations !